L’atelier fondateur sur la stratégie de redynamisation de la Recherche dans l’espace CAMES s’est tenu du 19 au 23 janvier 2026 à Bamako au Mali. Cette rencontre a réuni 102 participants venus de 15 pays membres du CAMES avec 14 Directions nationales de la Recherche et de l’Innovation, 15 Universités leaders de l’espace, cinq (5) Instances du CAMES et huit (8) Partenaires Techniques et/ou Financiers représentés. La Recherche scientifique dans l’espace CAMES et ses grandes lignes étaient au cœur des débats de cet atelier de haut niveau. En sus des travaux prévus sur les différents textes portés à l’attention des participants, une Conférence inaugurale sur la vision de la Recherche scientifique et une table ronde sur le financement de la Recherche, ont également été organisées.
La Conférence inaugurale
Le 19 janvier 2026, une Conférence inaugurale placée sous le thème : « Vision et orientations de la Recherche aux niveaux continental, régional et national », a été organisée dans le cadre de l’atelier sur la stratégie de redynamisation de la Recherche. Cette Conférence s’est déroulée en présence du Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Bouréma KANSAYE. Elle a été l’occasion pour trois éminentes personnalités de partager différents propos liés à son thème principal.

Le modérateur, Professeur Saturnin ENZONGA YOCA, Directeur des Programmes en charge de l’Assurance Qualité, de la Recherche et du Partenariat du CAMES a, tour à tour, invité les différents intervenants sur la scène pour entretenir l’assistance.

Ainsi, Professeur Saidou MADOUGOU, Directeur du Département Éducation, Science, Technologie, Innovation de la Commission de l’Union Africaine, s’est appesanti sur la vision et l’orientation de la Recherche au niveau continental africain.

Il a débuté son propos en présentant l’état de la Recherche scientifique africaine dans l’écosystème mondial avec une contribution jugée faible et estimée à moins de 3% de la production scientifique mondiale, malgré une représentativité de 18% de la population mondiale. Il est par ailleurs revenu sur la vision continentale de l’Union Africaine pour la Recherche scientifique et l’Innovation, qui est d’en faire les moteurs principaux du développement durable, de la transformation structurelle et du bien-être des populations d’une Afrique souveraine, prospère et résiliente. Il a ainsi rappelé le rôle crucial de la Recherche scientifique et de l’Innovation dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063. De plus, Il a présenté les différents axes d’orientation qui permettront la matérialisation de cette vision, à savoir : favoriser le développement durable et résoudre les défis locaux (développement économique, changement climatique, sciences sociales et politiques), et investir dans les écosystèmes de la connaissance (capital humain, infrastructures, financement, gouvernance et politique…). Quelques recommandations ont clos son propos, tels que l’engagement des Chercheurs dans la Science Ouverte, la collaboration intra africaine, l’engagement politique avec un financement plus conséquent (1% du PIB) dans la Recherche, pour ne citer que celles-là.
Professeur Abdoulaye DJIMDÉ, deuxième intervenant de la Conférence inaugurale, a partagé l’expérience du Mali dans la valorisation de la Recherche scientifique au Mali.

S’appuyant sur le modèle du Centre de Formation et de Recherche sur les Parasites et les Microbes (PMRTC) qu’il dirige, il a illustré l’impact de la Recherche scientifique sur les défis notamment sanitaires. Ainsi, les domaines de Recherche de ce Centre ont été présentés avec les impacts réalisés notamment sur la Chimioprévention du Paludisme Saisonnier en Afrique. À travers cette action, 53 millions d’enfants ont pu recevoir la Chimioprévention en 2023, 160 millions de cas cliniques ont été évités, 700000 vies ont été sauvées. Face aux défis majeurs de la Recherche au Mali (gouvernance, faiblesse de financements locaux, manque de ressources humaines et d’infrastructures, besoin d’amélioration de l’écosystème), des pistes de solutions ont été proposées avec notamment les grandes lignes du Plan stratégique national de la Recherche et de l’Innovation du Mali. D’autres pistes ont été partagées aux participants : rendre le métier de Chercheur attractif auprès de la jeunesse, valoriser et commercialiser les résultats de la Recherche, sensibiliser pour une vision holistique du développement de nos pays grâce à la Recherche scientifique.
Le Secrétaire Général du CAMES, Professeur Souleymane KONATÉ, également conférencier à cet évènement, a lui, ponctué son propos sur la vision du Secrétariat général du CAMES pour une Recherche dynamisée, intégrée et mutualisée, en soutien au développement durable des États.

Il a ainsi structuré son propos autour de la pertinence de l’élaboration d’une stratégie de la Recherche dans l’espace CAMES, des composantes de la stratégie de redynamisation de la Recherche dans l’espace CAMES et des attentes du Secrétariat général quant à cet atelier. Revenant sur l’historique du CAMES et ses missions dans l’harmonisation des politiques d’Enseignement supérieur et de Recherche scientifique, il a signifié la nécessité pour l’Institution de s’appesantir sur la redynamisation de la Recherche scientifique face au manque de visibilité de la Recherche africaine à l’international.
Il a rappelé l’objectif de l’équipe dirigeante actuelle qui est de préserver, consolider et valoriser les acquis du CAMES depuis sa création et la nouvelle vision à savoir : « faire du CAMES, une Institution de référence internationale en matière d’évaluation scientifique et un véritable outil d’intégration académique au service du développement durable de l’Afrique ». Le Plan Stratégique de Développement 2024-2028, portant cette nouvelle vision, dédie ainsi un axe entier à une stratégie cohérente de redynamisation de la Recherche dans l’espace CAMES, laquelle se décline notamment à travers l’élaboration d’une politique commune ambitieuse de Recherche ; la mise en place d’un réseau des Directeurs nationaux chargés de la Recherche et de l’Innovation (REDRIC) ; la création de Collèges d’Écoles Doctorales du CAMES (CEDoC) ; celle de Pôles de compétences en Recherche, Innovation et Développement (PRIDE-CAMES) autour de laboratoires de référence des CEDoC ; ainsi que la restructuration des Programmes Thématiques de Recherche (PTR) en Programmes Thématiques Recherche-Innovation-Développement (PT-RID) du CAMES, arrimés aux CEDoC. Il a également mentionné l’importance des questions transversales de la valorisation et du financement de la Recherche, qui sont abordées dans cet atelier. Le processus d’élaboration de cette stratégie qui a abouti à l’organisation de l’atelier a été également présenté par le conférencier.
Il est enfin revenu sur chaque axe de l’atelier avec les différents textes portés à l’attention des participants et les impacts attendus, avant de finir sur les attentes du Secrétariat général du CAMES. Ces attentes sont entre autres l’appropriation et l’enrichissement des documents de la stratégie proposés, la définition de modèles économiques pour chaque composante de la stratégie, l’élaboration d’un plan de suivi-évaluation des activités, ainsi que celle d’une feuille de route pour les prochaines étapes.
Retour en images sur la Conférence inaugurale :
La table ronde sur le financement de la Recherche
Le 22 janvier 2026, une table ronde sur le financement de la Recherche scientifique s’est tenue, avec pour objectif général la présentation des modalités d’intervention et les mécanismes de financement de la Recherche, des Agences Nationales de Financement et des Partenaires Techniques et/ou Financiers.

Cette table ronde avait donc pour objectif de renforcer la mobilisation des ressources et l’alignement des financements sur les priorités du CAMES. Modérée par le Professeur Abdoulaye DJIMDÉ, Directeur du Centre de Formation et de Recherche sur les Parasites et les Microbes du Mali, cette table ronde a vu la participation de six (6) intervenants qui, tour à tour, ont présenté leurs structures, leurs outils et mécanismes d’intervention.

Il s’agissait pour les Agences Nationales de Financement : (i) du Fonds Compétitif pour la Recherche et l’Innovation Technologique (FCRTI) du Mali, présenté par Professeur Alpha Seydou YARO, Directeur Général du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique ; (ii) du Fonds pour la Science, la Technologie et l’Innovation (FONSTI) de la Côte d’Ivoire, présenté par son Secrétaire Général, Dr Yaya SANGARÉ ; (iii) du Fonds d’Appui à la Recherche Scientifique et à l’Innovation Technologique (FARSIT) du Niger, présenté par Dr (MC) Aichatou ASSOUMANE AMADOU, Directrice Générale de la Recherche et de l’Innovation Technologique ; et du (iv) Fonds National de la Recherche et de l’Innovation pour le Développement (FONRID) du Burkina Faso, présenté en ligne, par Dr (MCA) Salimata KOUAME/TRAORÉ, Directrice de la mobilisation des ressources.

Les Partenaires Techniques et/ou Financiers ont également présenté, en ligne, leurs différentes structures. Il s’agissait de la Fondation Allemande pour la Recherche (DFG), représentée par sa Chargée de Programme, Dr Kathrin KNODEL, et de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), représenté par son Directeur de l’Innovation et de la valorisation, M. Clément AUBERT.
Cette table ronde a constitué un cadre de discussions avec ces organisations sur le financement de la Recherche scientifique dans l’espace CAMES. Elle a également été l’occasion pour les participants d’entrevoir des pistes de collaboration et d’opportunités relatives aux mécanismes sur lesquels ils se sont penchés le long des travaux.
À l’issue des différentes interventions, l’une des recommandations fortes a été la création d’un réseau des Fonds nationaux de soutien au financement de la Recherche de l’espace CAMES, ainsi que la planification d’une rencontre d’échanges et de discussions sur le financement de la Recherche afin de pouvoir approfondir les débats lancés et tirés des solutions probantes et adaptées.
Retour en images sur la table ronde :



