Du 5 au 9 mai 2026, le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) a été représenté au Forum international sur « l’impact de l’Enseignement supérieur sur le leadership, la formation et la Recherche en Afrique : consultation des acteurs clés ». Cet évènement majeur s’est tenu à Nairobi au Kenya sous l’égide de l’Association des Universités Africaines, OBREAL et le Service allemand des échanges universitaires (DAAD).

Organisé dans le cadre du projet Erasmus+ de renforcement des capacités IMPACT HE, cet événement visait à créer un espace stratégique de dialogue entre les acteurs africains, européens et internationaux en vue de renforcer la contribution de la coopération dans l’Enseignement supérieur au développement local et régional.
Invité par les organisateurs de ce Forum, le CAMES a été représenté à cette importante rencontre par le Directeur des Programmes chargé des Comités Consultatifs Interafricains, des Concours d’Agrégation et de l’Ordre International des Palmes Académiques du CAMES, Pr Ali DOUMMA.
Durant deux jours, les participants à ce Forum se sont penchés sur les stratégies à mettre en œuvre par les établissements d’Enseignement supérieur pour accroître leur visibilité, leur influence et leur impact, tout en consolidant les partenariats et la coopération internationale en Afrique et en Europe.
Au cours de ce Forum, le Pr Ali DOUMMA a co-animé, le mercredi 6 mai 2026, un panel de haut niveau sur le thème : « Les Universités africaines comme agents de développement : le rôle des associations et des réseaux ». Il s’agissait pour les panélistes de mettre en évidence la responsabilité sociétale des Universités en lien avec les agendas globaux de Recherche dans un contexte de collaboration internationale désormais orientée vers l’Afrique. Ce thème a également appelé à analyser le rôle des associations et des réseaux dans le plaidoyer en faveur des Universités africaines comme agents de développement.
Dans son intervention, Pr Ali DOUMMA, après avoir exprimé aux organisateurs, les salutations fraternelles du Secrétaire Général du CAMES, Pr Souleymane KONATÉ, a tenu d’entrée de jeu à préciser que le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) n’est ni une association, ni un réseau. Il s’agit d’un Organisme interétatique créé par les Chefs d’État dans la seule volonté de développer l’entraide et la solidarité scientifique entre les États membres dans un contexte d’africanisation des Universités et de l’administration publique.
Abordant le thème du panel, le Professeur DOUMMA a indiqué que les Universités africaines jouent un rôle important dans l’articulation entre les grandes ambitions portées par les agendas de Recherche mondiaux, tels que les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies ou l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, et la satisfaction concrète des besoins des populations. A cet effet, elles agissent comme des médiateurs actifs en transformant les priorités globales en matière de développement durable en solutions adaptées aux réalités locales, tout en formant les citoyens et professionnels qui en assureront la mise en œuvre. En outre, au-delà de leurs missions traditionnelles d’Enseignement et de Recherche, elles s’engagent activement dans la valorisation et le transfert de technologies, en réponse directe aux défis sociétaux de leur environnement. Elles constituent également des plateformes neutres de convergence, réunissant gouvernements, entreprises et société civile pour co-construire des solutions ancrées dans les spécificités locales, notamment dans le cadre des agendas de développement durable.
Il a souligné que le renforcement du rôle de l’Université dans l’articulation entre les agendas globaux tels que l’Agenda 2063 de l’Union Africaine ou les ODD, et les besoins concrets de la société, a amené le CAMES à faire évoluer ses référentiels et Guides d’évaluation. Ces derniers mettent désormais l’accent, au-delà des exigences pédagogiques et scientifiques, sur les services à la communauté et à la société dans l’évaluation des Enseignants-chercheurs et Chercheurs (CCI, Concours d’Agrégation), ainsi que sur l’employabilité dans l’évaluation des programmes de formation (PRED).
Tout en reconnaissant l’importance de la collaboration internationale en termes d’accompagnement des Universités en réponse aux grands défis globaux, Pr DOUMMA a estimé que les Universités africaines doivent trouver un équilibre entre une collaboration internationale efficace tournée vers des enjeux globaux et un ancrage concret dans le développement local. Cela implique de s’ouvrir à la fois à la collaboration internationale tout en priorisant les Recherches vers les réalités locales, et d’inscrire les projets globaux dans des problématiques locales tangibles et en lien avec les réalités locales.
Pr DOUMMA a lancé un appel vibrant aux Universités africaines pour tirer profit de l’intérêt mondial croissant pour l’Afrique constaté de nos jours, en transformant leurs modèles de collaboration, pour passer d’une logique d’aide à celle de partenariats stratégiques et équitables. A cet effet, elles doivent être conscientes du rôle stratégique croissant de l’Afrique dans la mondialisation et valoriser la place du continent africain, vrai partenaire stratégique agissant comme un réservoir de ressources naturelles et un acteur démographique majeur jouissant d’un fort capital intellectuel.
Pour ce faire, Pr DOUMMA a estimé que la solution passerait par une meilleure structuration des Universités africaines en vue de renforcer leur positionnement international à travers l’amélioration de leur attractivité, leur visibilité scientifique, leur compétitivité et leur rayonnement.
Il a souligné que dans l’optique d’améliorer la visibilité des Universités africaines, le CAMES envisage, en continuité de ses missions d’évaluation académique, de développer un système CAMES de classement des Universités (CAMES-Ranking), mieux adapté aux réalités des Universités africaines et surtout fondé essentiellement sur les missions actuelles dévolues aux Universités de son espace, ainsi que sur les besoins et attentes de la société. Il a conclu son intervention en invitant les Responsables d’Institutions d’Enseignement supérieur et de Recherche à croire en leurs capacités et en l’Afrique qui représente le présent et l’avenir du monde.